GT résistance aux antiparasitaires animaux de rente – 13 février 2026

Ordre du jour

  1. Suivi de la dernière réunion du 28 août 2025
  2. AFNOR : Norme U47-850 de coprologie et son déploiement/utilisation
  3. Observatoire de la résistance aux anthelminthiques  “Respect” de Laurent Dravigney (SNGTV), conception, périmètre, fonctionnement possible
  4. ECOANTIBIO
    • AAP 2025 : Formation DIE (4 ENVF) “Asterix” sur la résistance et l’écotoxicité des antiparasitaires (projet lauréatEcoAntibio3 2025)
    • Retour d’expérience sur le projet Coccidioses ovines et caprines 2024-2026, lauréat EcoAntibio2 en 2023 avec focus sur la résistance aux anticoccidiens
    • AAP2026 : thématiques pour l’action 18 
  5. Présentation FAO sur antiparasitaires (de 16h30 à 17h)

Compte-rendu Groupe Résistance aux Antiparasitaires Animaux de Rente - 13 février 2026

  1. Bilan de l’année 2025 (Philippe Jacquiet, RFSA)

 

En début de réunion, Philippe Jacquiet fait un bilan des activités du GT RAARE pour l’année 2025. Quatre réunions ont eu lieu entre mars et août 2025, essentiellement consacrées à la définition des priorités opérationnelles de l’action 18 du plan EcoAntibio3 et à la préparation et l’évaluation de projets en parasitologie (RFSA pilote de l’action 18).

En 2025, six projets ont été déposés dans l’action 18 et 4 d’entre eux ont été retenus : i) le projet MALIS sur les Malassezia de Carnivores (Université d’Angers), ii) le projet DRIVE sur la résistance des parasites internes du cheval (INRAE ISP, Tours-Nouzilly), iii) le projet DIAGRAM sur la détection précoce de la résistance aux anthelminthiques chez les strongles digestifs des bovins (INRAE ISP, Tours-Nouzilly) et enfin, iv) le projet RESPYRE sur la résistance des stomoxes aux insecticides pyréthrinoïdes (CIRAD, Montpellier). Ces quatre projets représentent un total de subventions d’un peu plus de 600 000 euros, ce qui fait de l’action 18, l’action la plus subventionnée du plan EcoAntibio3 en 2025.

Pour information, six autres projets de parasitologie ont été lauréats du plan en 2025, trois projets d’action (ASTERIX qui sera présenté par MP Callait de VAS au cours de cette réunion ; Berger Durable des GTV79, Copprantea de l’Université de Montpellier Paul Valéry), deux projets d’action et de recherche (S-GIEC de la SNGTV, Ruminsect de l’Idele) et un projet de recherche (ParasitEqui0 de l’Equ’Institut).

Ces 10 projets lauréats en 2025 montrent l’importance accordée à la résistance aux antiparasitaires dans les différentes filières d’animaux domestiques, animaux de rente et animaux de compagnie.

 

  1. Présentation de la norme U47-850 de coprologie et de son déploiement/utilisation par les laboratoires départementaux (Michaël Treilles, ADILVA)

 

La norme AFNOR U47-850 relative aux méthodes d’analyse en santé animale – méthodes coproscopiques de détection et quantification de parasites digestifs chez les herbivores et les suidés a été publiée en juin 2025. Lors de la réunion, Michaël Treilles (Qualyse – ADILVA) a commenté les résultats de son enquête sur son déploiement depuis 6 mois. Sur 70 laboratoires vétérinaires contactés au sein du réseau ADILVA, 29 ont répondu à sa sollicitation et 23 d’entre eux ont acheté la norme. Pour le moment, peu d’entre eux l’ont effectivement mis en application, on est donc en phase d’appropriation. L’adoption de la norme peut être freinée par les habitudes solidement ancrées dans les laboratoires, par l’absence d’une demande spécifique de la part des clients ou par une promotion insuffisante. Des membres du GT ont souligné l’importance de l’interprétation des résultats obtenus. Ce n’était pas initialement l’objectif de la norme, mais cela pourrait constituer une suite/extension.

Michaël Treilles informe le GT que cette norme a été présentée au comité européen de la normalisation par la France et qu’à ce jour, elle a reçu un accueil favorable de la part des collègues belges et suisses. Les réactions d’autres pays européens est à surveiller.

 

  1. Observatoire de la résistance aux anthelminthiques « 3 Respect » (Laurent Dravigney, SNGTV)

 

Dans son rapport remis à Madame la Ministre en février 2025, le CGAAER a formulé un certain nombre de recommandations à propos de la résistance aux antiparasitaires et de ses impacts dans notre pays. Parmi ces recommandations, figure la constitution d’un réseau national de surveillance de la résistance aux antiparasitaires qui pourrait s’inspirer de ce qui se fait pour la résistance aux antibiotiques (RESAPATH).

Au cours de cette réunion, notre confrère Laurent Dravigney, membre du GT RAARE au nom de la SNGTV, a présenté son initiative de cartographie des résultats de TREF (test de réduction d’excrétion fécale) dans les espèces bovine, ovine et caprine qu’il a développée. Cet outil, appelé Respect, pourrait servir de base à une plateforme nationale permettant de remonter les résultats des tests d’efficacité réalisés par des vétérinaires praticiens ou des structures académiques (ANSES, INRAE…) et ainsi, d’améliorer la connaissance des prévalences de résistances dans notre pays.

Au cours de la discussion qui a suivie l’intervention de Laurent Dravigney, les membres du GT ont convenu que le moment était venu de réfléchir à la mise en place d’un dispositif de surveillance de la résistance aux antiparasitaires et de structurer un réseau porté par des équipes indépendantes et scientifiquement légitimes (voir rapport CGAAER). Une des propositions avancées est de réfléchir à un projet à déposer à l’AAP 2026 d’EcoAntibio3 qui aurait pour objectif de faire la preuve de concept d’un dispositif de surveillance de la résistance aux antiparasitaires chez les animaux de rente et les Equidés. Le temps de cette réunion étant contraint et limité, la décision est prise de consacrer une réunion dédiée à ce projet d’observatoire de la résistance en mars 2026.

 

  1. DIE sur la résistance aux antiparasitaires et leur écotoxicité « Asterix » (Marie-Pierre Callait, VAS)

 

Le projet d’action ASTERIX (Antiparasitaires, résistances et écotoxicité), déposé par VAS au nom d’un consortium qui réunit les 4 ENVF et l’agence de formation tout au long de la vie (FTLV) a été lauréat du plan EcoAntibio3 en 2025. Ce projet prévoit la création d’un Diplôme Inter-Ecoles (DIE) sur la résistance aux antiparasitaires et leur écotoxicité, destiné aux vétérinaires diplômés.

 

Marie-Pierre Callait, coordinatrice du projet ASTERIX, est intervenue au cours de cette réunion pour expliquer la genèse de ce projet et présenter la structuration globale de la formation. Celle-ci se déclinera en deux parties : une partie théorique en e-learning, coconstruite avec la participation d’experts de la SNGTV, de l’AVEF et de l’AFVAC et l’aide d’une ingénieure pédagogique de l’agence FTLV, et de plusieurs parties pratiques, en présentiel, proposées par les quatre ENVF. Le déroulement et la chronologie de la première année du projet est présentée sous la forme d’un diagramme de Gantt. Les réactions à cette intervention ont été très positives de la part du GT, dont une partie des membres sera sollicitée pour le montage de cette formation.

 

  1. Bilan du projet « coccidioses ovine et caprine » 2024-2026, lauréat EcoAntibio2 en 2023 (Léa Bordes, INRAE IHAP)

 

Le projet « coccidioses ovine et caprine », porté par l’INRAE IHAP, est un des premiers projets concernant les antimicrobiens autres qu’antibiotiques lauréat d’un plan EcoAntibio en 2023. Il s’est déroulé du 1er mars 2024 au 28 février 2026. Le consortium de ce projet regroupe l’INRAE IHAP, l’ANSES site de Niort et trois partenaires professionnels, la SOCSA Elevage, l’AVEM et un organisme de sélection GEODE.

Léa Bordes, la chargée de recherche contractuelle, recrutée sur le projet, a présenté en 20 minutes les principaux résultats de ce projet, en se focalisant sur le WP2 consacré à la mise au point d’un test d’efficacité des anticoccidiens en élevage ovin et caprin. Cet outil, à disposition des vétérinaires praticiens, permettra d’effectuer des tests en élevage et d’améliorer nos connaissances sur l’importance des résistances aux anticoccidiens dans les deux espèces, ovine et caprine. Une discussion sur l’interprétation des résultats de ces tests a suivi la présentation de Léa Bordes. Le rapport technique final sera envoyé à la DGAL d’ici la fin du mois de février 2026. Léa Bordes a rappelé qu’un effort important  de valorisation et de communication à destination des professionnels avait été fait au cours de ce projet et qu’il se poursuivra après la fin officielle de celui-ci.

 

  1. Communication FAO sur les antiparasitaires (Laetitia Lempereur, FAO, Rome)

Notre consœur Laetitia Lempereur (FAO, Rome) a rappelé aux membres du GT RAARE l’implication de la FAO dans le contrôle des tiques et dans la résistance de ces vecteurs aux acaricides. La FAO met en place des groupes d’experts dont l’objectif est de trouver un consensus sur le contrôle des tiques ou sur des protocoles d’évaluation de l’efficacité des acaricides puis de rédiger des recommandations.

 

La direction santé Animale et One Health de la FAO a récemment décidé d’élargir son champ d’action aux anthelminthiques et à la résistance aux anthelminthiques. Aussi, dans un avenir proche, le GT RAARE du RFSA pourrait être approché pour participer à cette expertise, selon une forme qu’il reste encore à préciser.

En réponse à l’intervention de Laetitia Lempereur, les membres du GT RAARE lui ont assuré qu’ils étaient intéressés par cette proposition.

 

La réunion s’est achevée à 17H30.